Création d’un article de blog.
Vous avez reçu un courrier sur le décret BACS et vous ne savez pas s’il vous concerne
Un gestionnaire de plusieurs immeubles de bureaux à Aix-en-Provence nous a appelés, un peu inquiet. Il venait de lire le terme “décret BACS” dans une note de son exploitant énergétique, sans comprendre s’il devait agir tout de suite, dans cinq ans, ou pas du tout. Sa vraie question était simple. Suis-je concerné, et si oui, que dois-je faire concrètement ?
Ce flou est partout. Le décret BACS impose à de nombreux bâtiments tertiaires d’installer un système de pilotage automatique du chauffage et de la climatisation. Bureaux, commerces, hôtels, EHPAD, bâtiments administratifs : la liste est large, et les seuils ne parlent pas à tout le monde. Beaucoup de propriétaires découvrent l’obligation trop tard, quand une échéance approche ou qu’un exploitant la leur signale.
Cet article vous donne une réponse claire, à jour et vérifiée. Vous saurez en quelques minutes si votre bâtiment est visé, quelle échéance s’applique à votre cas, et par quoi commencer sans vous tromper.
Vous voulez savoir ce qu’impose exactement la réglementation pour votre bâtiment tertiaire ? Découvrez notre expertise climatisation et chauffage.
Décret BACS : de quoi parle-t-on exactement
BACS est l’acronyme de Building Automation and Control Systems, soit les systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments. Derrière ce nom technique se cache une idée simple : un bâtiment tertiaire consomme beaucoup d’énergie pour se chauffer et se refroidir, souvent mal, faute de pilotage fin. Le décret oblige donc à installer un outil qui règle ces équipements automatiquement, en fonction des besoins réels.
Cet outil, c’est la GTB, la gestion technique du bâtiment. Concrètement, elle surveille en continu le chauffage, la climatisation et la ventilation, ajuste les températures selon l’occupation, détecte les dérives de consommation et alerte l’exploitant avant qu’une panne ne coûte cher. Un plateau de bureaux vide le week-end ne devrait pas être chauffé comme un jour de semaine : la GTB gère ce type d’ajustement sans intervention humaine.
Le texte n’est pas isolé. Il complète le décret tertiaire, qui fixe des objectifs chiffrés de baisse de consommation. Là où le décret tertiaire dit “réduisez”, le décret BACS dit “voici l’outil pour y arriver et le prouver”. Les deux avancent ensemble.
Le rôle de la GTB
De la mesure au pilotage automatique
Un cadre juridique précis
Le décret BACS est né du décret n° 2020-887 du 20 juillet 2020, puis a été profondément remanié par le décret n° 2023-259 du 7 avril 2023. Il est aujourd’hui codifié aux articles R175-1 à R175-9 du Code de la construction et de l’habitation. Une dernière évolution, le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025, a modifié le calendrier : ce point change la donne pour beaucoup de bâtiments, nous y revenons plus bas.
Retenez surtout ceci : il s’agit d’une obligation réglementaire, pas d’une recommandation. La question n’est donc pas de savoir si le pilotage est une bonne idée, mais de vérifier si votre bâtiment entre dans le champ du texte et à quelle date.
Comment savoir si votre bâtiment est concerné
Trois critères déterminent l’assujettissement. Contrairement à une idée répandue, la surface n’en fait pas partie directement : ce n’est pas le nombre de mètres carrés qui compte, mais la puissance de vos équipements.
Le premier critère est l’usage. Le bâtiment doit accueillir des activités tertiaires, marchandes ou non : bureaux, commerces, hôtellerie, santé, enseignement, administration. Un logement n’est pas visé. Un site industriel non plus dans sa partie production, mais ses bureaux et espaces tertiaires le sont.
Le deuxième critère est la puissance. Il faut un système de chauffage ou de climatisation, combiné ou non à une ventilation, dont la puissance nominale utile dépasse 70 kW. Cette valeur correspond à la capacité maximale des équipements, pas à leur consommation réelle.
Le troisième critère est la propriété. L’obligation pèse sur le propriétaire des systèmes concernés, qui peut être le bailleur ou le locataire selon les termes du bail.
Les 3 filtres de l'assujettissement
Trois portes à franchir, dans l'ordre
Il faut passer les trois pour être concerné. Une seule fermée, et le bâtiment sort du champ du décret.
La règle de calcul qui piège le plus souvent
Un cas revient régulièrement dans nos échanges avec les gestionnaires : la confusion sur la façon d’additionner les puissances. Le calcul se fait système par système, jamais en mélangeant tout.
Vous additionnez d’un côté la puissance de tous vos équipements de chauffage, de l’autre celle de tous vos équipements de climatisation. Le seuil est franchi dès que l’un des deux totaux dépasse la limite. Autrement dit, un bâtiment équipé de deux chaudières de 160 kW atteint 320 kW côté chauffage : il est concerné, même si sa climatisation reste modeste.
D’après les analyses publiées par Selectra, les bâtiments souvent concernés sont les immeubles de bureaux, les commerces de taille moyenne, les hôtels, les établissements de santé et les bâtiments d’enseignement. Un bâtiment compact mais bien équipé peut donc l’être, alors qu’un grand bâtiment peu chauffé peut y échapper.
Testez votre situation en 30 secondes
Pour trancher rapidement votre cas, voici un outil de diagnostic. Répondez à trois questions, il vous indique si vous êtes concerné et quelle échéance s’applique. Ce résultat reste indicatif : seul un diagnostic sur site confirme votre situation exacte.
Suis-je concerné par le décret BACS ?
Trois questions rapides pour situer votre bâtiment. Résultat indicatif, à confirmer par un diagnostic.
1. Votre bâtiment accueille-t-il une activité tertiaire (bureaux, commerce, hôtel, santé, enseignement, administration) ?
2. La puissance de votre chauffage ou de votre climatisation dépasse-t-elle 70 kW ?
3. Prévoyez-vous de remplacer prochainement un générateur de chauffage ou de climatisation ?
Les échéances à connaître, mises à jour fin 2025
C’est le point le plus important, et celui que la plupart des contenus en ligne présentent de façon périmée. Le calendrier a changé fin 2025.
Deux dates structurent l’obligation pour les bâtiments existants. Les bâtiments dont un système dépasse 290 kW devaient être conformes au 1er janvier 2025 : cette échéance est passée. Les bâtiments dont un système se situe entre 70 et 290 kW disposaient initialement d’une échéance au 1er janvier 2027. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 l’a reportée au 1er janvier 2030.
D’après le Code de la construction et de l’habitation consultable sur Légifrance, ce report vise à aligner le calendrier français sur la directive européenne relative à la performance énergétique des bâtiments. Beaucoup de gestionnaires respirent, mais ce délai supplémentaire est un piège s’il conduit à ne rien faire.
Calendrier officiel, à jour
Deux échéances selon la puissance
Bâtiments existants dont un système dépasse 290 kW. La conformité était déjà exigée : au-delà, il s'agit d'une régularisation.
Bâtiments existants entre 70 et 290 kW. Échéance initialement fixée à 2027, reportée à 2030 par le décret du 26 décembre 2025.
Le déclencheur qui avance l’échéance
Un point mérite toute votre attention. Même avant 2030, l’obligation peut se déclencher plus tôt. Dès lors que vous remplacez un générateur de chauffage ou de climatisation concerné, la GTB doit être intégrée à ce renouvellement.
Un exploitant de commerce nous a expliqué avoir failli passer à côté : il changeait sa production de froid pour une raison de panne, sans savoir que ce chantier faisait basculer son bâtiment dans l’obligation immédiate. Autrement dit, ne raisonnez pas seulement en date butoir. Chaque projet de remplacement d’équipement est un moment charnière où la conformité entre en jeu.
Pour les bâtiments neufs, la logique est plus directe : dès le dépôt du permis de construire, l’ensemble des systèmes techniques doit être relié au système d’automatisation et de contrôle.
Ce que vous devez faire concrètement
Passons à l’action. Si le test plus haut vous a classé parmi les bâtiments concernés, voici la marche à suivre, dans l’ordre.
Première étape, l’état des lieux. Recensez tous vos équipements de chauffage et de climatisation, relevez leur puissance nominale utile sur les plaques signalétiques, et additionnez par système. C’est ce chiffre qui détermine votre situation, pas une estimation au jugé.
Deuxième étape, la vérification de l’existant. Certains bâtiments disposent déjà d’une régulation partielle qui peut servir de base. La question n’est pas seulement d’avoir une GTB, mais d’avoir une GTB conforme, capable de mesurer, d’analyser et d’alerter.
Troisième étape, le choix de la classe de performance. La réglementation impose au minimum la classe C au sens de la norme NF EN ISO 52120-1. Viser la classe A ou B apporte un pilotage plus fin, de meilleures économies, et surtout l’accès aux aides financières.
La marche à suivre
Trois étapes avant tout devis
État des lieux
Recensez vos équipements, relevez la puissance nominale utile sur les plaques, additionnez par système.
Vérifier l'existant
Une régulation partielle peut servir de base. L'enjeu : une GTB conforme qui mesure, analyse et alerte.
Choisir la classe
Classe C minimum imposée. Viser A ou B pour un pilotage fin et l'accès aux aides.
Les trois erreurs qui coûtent cher
Dans les demandes que nous recevons de gestionnaires et de syndics, trois erreurs reviennent sans cesse.
La première est d’attendre 2030 sans rien préparer. Un projet de GTB sur un bâtiment occupé demande de l’étude, du câblage, du paramétrage et une mise en service : cela ne s’improvise pas dans les dernières semaines.
La deuxième est de confondre pilotage réel et simple thermostat. Poser quelques régulateurs ne suffit pas à répondre au décret. Le système doit centraliser, mesurer et conserver les données pendant cinq ans.
La troisième est de traiter la GTB isolément, sans coordination avec les autres corps d’état. Or relier un système d’automatisation touche à l’électricité, au chauffage, à la climatisation et parfois au réseau informatique. C’est le même réflexe qu’une maintenance multitechnique bien pilotée : un seul interlocuteur qui coordonne tout change la donne sur un site occupé.
Vous voulez éviter ces erreurs classiques sur un bâtiment occupé ? Découvrez notre approche tous corps d’état.
L’atout d’un pilotage bien pensé, au-delà de l’obligation
Réduire le décret BACS à une contrainte serait une erreur de gestionnaire. Le pilotage automatique est d’abord un levier d’économies concret, dans une région comme la PACA où la climatisation tourne fort une bonne partie de l’année.
D’après la fiche d’opération standardisée BAT-TH-116 décrite par Hellio, l’amélioration d’une GTB dans des bureaux de 4 500 m², en passant de la classe C à la classe A, peut ouvrir droit à une prime CEE dépassant 24 000 euros pour des travaux estimés à 58 500 euros, soit un financement de l’ordre de 41 %. Le chiffre exact dépend de chaque projet, mais l’ordre de grandeur montre que la conformité peut s’autofinancer en partie.
Un chauffage qui s’ajuste à l’occupation réelle, une climatisation qui ne tourne pas à vide, une alerte dès qu’un équipement dérive : ce sont des économies immédiates sur la facture et une durée de vie prolongée du matériel. La contrainte réglementaire devient alors un investissement rentable. Cette même logique de bâtiment maîtrisé rejoint une autre obligation estivale, celle qui encadre la climatisation en entreprise pendant la canicule au titre du Code du travail.
Un gestionnaire de patrimoine tertiaire à Marseille, initialement réticent, nous a confié après coup que le vrai bénéfice n’avait pas été la conformité, mais la fin des surconsommations qu’il ne voyait même pas auparavant. C’est souvent le cas.
Financement CEE, exemple documenté
Quand l'obligation devient rentable
Chiffres issus de la fiche BAT-TH-116. Ils varient selon chaque bâtiment, mais l'ordre de grandeur tient : viser la classe A ou B transforme une dépense subie en investissement partiellement remboursé.
Faites le point sur votre bâtiment avec le Groupe Rolaix
Le décret BACS n’est pas une formalité lointaine. Entre le seuil de puissance, la date qui dépend de votre situation, le déclencheur lié au remplacement d’équipement et la classe de GTB à viser, chaque bâtiment mérite une analyse précise. Une réponse générale ne remplacera jamais un relevé sur site.
Le Groupe Rolaix intervient sur le chauffage, la climatisation et l’électricité de vos bâtiments tertiaires à Vitrolles et dans toute la région PACA, avec un seul interlocuteur pour coordonner l’ensemble. Cette coordination tous corps d’état vérifie votre assujettissement, dimensionne la solution adaptée et monte les dossiers d’aides quand ils s’appliquent.
Pour toute question urgente sur une installation, appelez le 04 42 46 48 95.
En résumé
Un doute sur votre bâtiment ? Faites-le vérifier
Seuil, échéance, déclencheur de remplacement, classe de GTB : quatre variables qui décident de votre obligation. Un relevé sur site tranche en une visite ce qu'aucun guide ne peut confirmer à distance.
Sources
- Légifrance, article R175-2 du Code de la construction et de l’habitation
- Légifrance, décret n° 2023-259 du 7 avril 2023
- Légifrance, section Pilotage des systèmes techniques des bâtiments R175-1 à R175-6
- Selectra, décret BACS et GTB obligatoire dans le tertiaire
- Hellio, décret BACS et financement CEE BAT-TH-116
- Ubigreen, obligations, dates et conformité du décret BACS
- CCI Paris Île-de-France, décret BACS pour les bâtiments tertiaires
- Vesta-System, guide complet 2026 du décret BACS