Décret BACS tertiaire : suis-je concerné

Système de gestion technique du bâtiment (GTB) piloté sur écran pour la climatisation d'un bâtiment tertiaire en PACA

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Vous avez reçu un courrier sur le décret BACS et vous ne savez pas s’il vous concerne

Un gestionnaire de plusieurs immeubles de bureaux à Aix-en-Provence nous a appelés, un peu inquiet. Il venait de lire le terme “décret BACS” dans une note de son exploitant énergétique, sans comprendre s’il devait agir tout de suite, dans cinq ans, ou pas du tout. Sa vraie question était simple. Suis-je concerné, et si oui, que dois-je faire concrètement ?

Ce flou est partout. Le décret BACS impose à de nombreux bâtiments tertiaires d’installer un système de pilotage automatique du chauffage et de la climatisation. Bureaux, commerces, hôtels, EHPAD, bâtiments administratifs : la liste est large, et les seuils ne parlent pas à tout le monde. Beaucoup de propriétaires découvrent l’obligation trop tard, quand une échéance approche ou qu’un exploitant la leur signale.

Cet article vous donne une réponse claire, à jour et vérifiée. Vous saurez en quelques minutes si votre bâtiment est visé, quelle échéance s’applique à votre cas, et par quoi commencer sans vous tromper.

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Décret BACS : de quoi parle-t-on exactement

BACS est l’acronyme de Building Automation and Control Systems, soit les systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments. Derrière ce nom technique se cache une idée simple : un bâtiment tertiaire consomme beaucoup d’énergie pour se chauffer et se refroidir, souvent mal, faute de pilotage fin. Le décret oblige donc à installer un outil qui règle ces équipements automatiquement, en fonction des besoins réels.

Cet outil, c’est la GTB, la gestion technique du bâtiment. Concrètement, elle surveille en continu le chauffage, la climatisation et la ventilation, ajuste les températures selon l’occupation, détecte les dérives de consommation et alerte l’exploitant avant qu’une panne ne coûte cher. Un plateau de bureaux vide le week-end ne devrait pas être chauffé comme un jour de semaine : la GTB gère ce type d’ajustement sans intervention humaine.

Le texte n’est pas isolé. Il complète le décret tertiaire, qui fixe des objectifs chiffrés de baisse de consommation. Là où le décret tertiaire dit “réduisez”, le décret BACS dit “voici l’outil pour y arriver et le prouver”. Les deux avancent ensemble.

Le rôle de la GTB

De la mesure au pilotage automatique

Chauffage
Climatisation
Ventilation
→
GTB Le cerveau Mesure en continu, ajuste selon l'occupation, détecte les dérives et conserve les données 5 ans.
→
Moins de consommation
Alertes anticipées
Conformité prouvée
Classe C
niveau minimum exigé (norme NF EN ISO 52120-1). Viser A ou B débloque les aides.
5 ans
durée de conservation obligatoire des données mensuelles.

Un cadre juridique précis

Le décret BACS est né du décret n° 2020-887 du 20 juillet 2020, puis a été profondément remanié par le décret n° 2023-259 du 7 avril 2023. Il est aujourd’hui codifié aux articles R175-1 à R175-9 du Code de la construction et de l’habitation. Une dernière évolution, le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025, a modifié le calendrier : ce point change la donne pour beaucoup de bâtiments, nous y revenons plus bas.

Retenez surtout ceci : il s’agit d’une obligation réglementaire, pas d’une recommandation. La question n’est donc pas de savoir si le pilotage est une bonne idée, mais de vérifier si votre bâtiment entre dans le champ du texte et à quelle date.

Comment savoir si votre bâtiment est concerné

Trois critères déterminent l’assujettissement. Contrairement à une idée répandue, la surface n’en fait pas partie directement : ce n’est pas le nombre de mètres carrés qui compte, mais la puissance de vos équipements.

Le premier critère est l’usage. Le bâtiment doit accueillir des activités tertiaires, marchandes ou non : bureaux, commerces, hôtellerie, santé, enseignement, administration. Un logement n’est pas visé. Un site industriel non plus dans sa partie production, mais ses bureaux et espaces tertiaires le sont.

Le deuxième critère est la puissance. Il faut un système de chauffage ou de climatisation, combiné ou non à une ventilation, dont la puissance nominale utile dépasse 70 kW. Cette valeur correspond à la capacité maximale des équipements, pas à leur consommation réelle.

Le troisième critère est la propriété. L’obligation pèse sur le propriétaire des systèmes concernés, qui peut être le bailleur ou le locataire selon les termes du bail.

Les 3 filtres de l'assujettissement

Trois portes à franchir, dans l'ordre

Il faut passer les trois pour être concerné. Une seule fermée, et le bâtiment sort du champ du décret.

01 Usage tertiaire Bureaux, commerce, santé, hôtel, école 02 > 70 kW puissance nominale Chauffage OU clim, additionné par système 03 Propriété des systèmes Bailleur ou preneur, selon le bail
Le piège La surface n'est pas un critère direct. Un bâtiment compact mais bien équipé peut être concerné, un grand bâtiment peu chauffé peut y échapper. Tout se joue sur la puissance.

La règle de calcul qui piège le plus souvent

Un cas revient régulièrement dans nos échanges avec les gestionnaires : la confusion sur la façon d’additionner les puissances. Le calcul se fait système par système, jamais en mélangeant tout.

Vous additionnez d’un côté la puissance de tous vos équipements de chauffage, de l’autre celle de tous vos équipements de climatisation. Le seuil est franchi dès que l’un des deux totaux dépasse la limite. Autrement dit, un bâtiment équipé de deux chaudières de 160 kW atteint 320 kW côté chauffage : il est concerné, même si sa climatisation reste modeste.

D’après les analyses publiées par Selectra, les bâtiments souvent concernés sont les immeubles de bureaux, les commerces de taille moyenne, les hôtels, les établissements de santé et les bâtiments d’enseignement. Un bâtiment compact mais bien équipé peut donc l’être, alors qu’un grand bâtiment peu chauffé peut y échapper.

Testez votre situation en 30 secondes

Pour trancher rapidement votre cas, voici un outil de diagnostic. Répondez à trois questions, il vous indique si vous êtes concerné et quelle échéance s’applique. Ce résultat reste indicatif : seul un diagnostic sur site confirme votre situation exacte.

Suis-je concerné par le décret BACS ?

Trois questions rapides pour situer votre bâtiment. Résultat indicatif, à confirmer par un diagnostic.

1. Votre bâtiment accueille-t-il une activité tertiaire (bureaux, commerce, hôtel, santé, enseignement, administration) ?

2. La puissance de votre chauffage ou de votre climatisation dépasse-t-elle 70 kW ?

On additionne la puissance par système : chauffage d'un côté, climatisation de l'autre.

3. Prévoyez-vous de remplacer prochainement un générateur de chauffage ou de climatisation ?

Les échéances à connaître, mises à jour fin 2025

C’est le point le plus important, et celui que la plupart des contenus en ligne présentent de façon périmée. Le calendrier a changé fin 2025.

Deux dates structurent l’obligation pour les bâtiments existants. Les bâtiments dont un système dépasse 290 kW devaient être conformes au 1er janvier 2025 : cette échéance est passée. Les bâtiments dont un système se situe entre 70 et 290 kW disposaient initialement d’une échéance au 1er janvier 2027. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 l’a reportée au 1er janvier 2030.

D’après le Code de la construction et de l’habitation consultable sur Légifrance, ce report vise à aligner le calendrier français sur la directive européenne relative à la performance énergétique des bâtiments. Beaucoup de gestionnaires respirent, mais ce délai supplémentaire est un piège s’il conduit à ne rien faire.

Calendrier officiel, à jour

Deux échéances selon la puissance

1er janvier 2025 Échéance passée

Bâtiments existants dont un système dépasse 290 kW. La conformité était déjà exigée : au-delà, il s'agit d'une régularisation.

1er janvier 2030 Nouvelle date

Bâtiments existants entre 70 et 290 kW. Échéance initialement fixée à 2027, reportée à 2030 par le décret du 26 décembre 2025.

2027 L'ancienne date que la plupart des sites affichent encore. Elle n'est plus valable : ne planifiez pas vos travaux dessus.

Le déclencheur qui avance l’échéance

Un point mérite toute votre attention. Même avant 2030, l’obligation peut se déclencher plus tôt. Dès lors que vous remplacez un générateur de chauffage ou de climatisation concerné, la GTB doit être intégrée à ce renouvellement.

Un exploitant de commerce nous a expliqué avoir failli passer à côté : il changeait sa production de froid pour une raison de panne, sans savoir que ce chantier faisait basculer son bâtiment dans l’obligation immédiate. Autrement dit, ne raisonnez pas seulement en date butoir. Chaque projet de remplacement d’équipement est un moment charnière où la conformité entre en jeu.

Pour les bâtiments neufs, la logique est plus directe : dès le dépôt du permis de construire, l’ensemble des systèmes techniques doit être relié au système d’automatisation et de contrôle.

Ce que vous devez faire concrètement

Passons à l’action. Si le test plus haut vous a classé parmi les bâtiments concernés, voici la marche à suivre, dans l’ordre.

Première étape, l’état des lieux. Recensez tous vos équipements de chauffage et de climatisation, relevez leur puissance nominale utile sur les plaques signalétiques, et additionnez par système. C’est ce chiffre qui détermine votre situation, pas une estimation au jugé.

Deuxième étape, la vérification de l’existant. Certains bâtiments disposent déjà d’une régulation partielle qui peut servir de base. La question n’est pas seulement d’avoir une GTB, mais d’avoir une GTB conforme, capable de mesurer, d’analyser et d’alerter.

Troisième étape, le choix de la classe de performance. La réglementation impose au minimum la classe C au sens de la norme NF EN ISO 52120-1. Viser la classe A ou B apporte un pilotage plus fin, de meilleures économies, et surtout l’accès aux aides financières.

La marche à suivre

Trois étapes avant tout devis

01

État des lieux

Recensez vos équipements, relevez la puissance nominale utile sur les plaques, additionnez par système.

02

Vérifier l'existant

Une régulation partielle peut servir de base. L'enjeu : une GTB conforme qui mesure, analyse et alerte.

03

Choisir la classe

Classe C minimum imposée. Viser A ou B pour un pilotage fin et l'accès aux aides.

Classe C vous met en règle. Classe A ou B débloque le financement CEE et de vraies économies.

Les trois erreurs qui coûtent cher

Dans les demandes que nous recevons de gestionnaires et de syndics, trois erreurs reviennent sans cesse.

La première est d’attendre 2030 sans rien préparer. Un projet de GTB sur un bâtiment occupé demande de l’étude, du câblage, du paramétrage et une mise en service : cela ne s’improvise pas dans les dernières semaines.

La deuxième est de confondre pilotage réel et simple thermostat. Poser quelques régulateurs ne suffit pas à répondre au décret. Le système doit centraliser, mesurer et conserver les données pendant cinq ans.

La troisième est de traiter la GTB isolément, sans coordination avec les autres corps d’état. Or relier un système d’automatisation touche à l’électricité, au chauffage, à la climatisation et parfois au réseau informatique. C’est le même réflexe qu’une maintenance multitechnique bien pilotée : un seul interlocuteur qui coordonne tout change la donne sur un site occupé.

Vous voulez éviter ces erreurs classiques sur un bâtiment occupé ? Découvrez notre approche tous corps d’état.

L’atout d’un pilotage bien pensé, au-delà de l’obligation

Réduire le décret BACS à une contrainte serait une erreur de gestionnaire. Le pilotage automatique est d’abord un levier d’économies concret, dans une région comme la PACA où la climatisation tourne fort une bonne partie de l’année.

D’après la fiche d’opération standardisée BAT-TH-116 décrite par Hellio, l’amélioration d’une GTB dans des bureaux de 4 500 m², en passant de la classe C à la classe A, peut ouvrir droit à une prime CEE dépassant 24 000 euros pour des travaux estimés à 58 500 euros, soit un financement de l’ordre de 41 %. Le chiffre exact dépend de chaque projet, mais l’ordre de grandeur montre que la conformité peut s’autofinancer en partie.

Un chauffage qui s’ajuste à l’occupation réelle, une climatisation qui ne tourne pas à vide, une alerte dès qu’un équipement dérive : ce sont des économies immédiates sur la facture et une durée de vie prolongée du matériel. La contrainte réglementaire devient alors un investissement rentable. Cette même logique de bâtiment maîtrisé rejoint une autre obligation estivale, celle qui encadre la climatisation en entreprise pendant la canicule au titre du Code du travail.

Un gestionnaire de patrimoine tertiaire à Marseille, initialement réticent, nous a confié après coup que le vrai bénéfice n’avait pas été la conformité, mais la fin des surconsommations qu’il ne voyait même pas auparavant. C’est souvent le cas.

Financement CEE, exemple documenté

Quand l'obligation devient rentable

41 %
de financement possible sur une amélioration de GTB, bureaux de 4 500 m² passés de classe C à A.
Prime CEECoût des travaux
24 000 €
Prise en charge partielle58 500 € de travaux

Chiffres issus de la fiche BAT-TH-116. Ils varient selon chaque bâtiment, mais l'ordre de grandeur tient : viser la classe A ou B transforme une dépense subie en investissement partiellement remboursé.

Faites le point sur votre bâtiment avec le Groupe Rolaix

Le décret BACS n’est pas une formalité lointaine. Entre le seuil de puissance, la date qui dépend de votre situation, le déclencheur lié au remplacement d’équipement et la classe de GTB à viser, chaque bâtiment mérite une analyse précise. Une réponse générale ne remplacera jamais un relevé sur site.

Le Groupe Rolaix intervient sur le chauffage, la climatisation et l’électricité de vos bâtiments tertiaires à Vitrolles et dans toute la région PACA, avec un seul interlocuteur pour coordonner l’ensemble. Cette coordination tous corps d’état vérifie votre assujettissement, dimensionne la solution adaptée et monte les dossiers d’aides quand ils s’appliquent.

Pour toute question urgente sur une installation, appelez le 04 42 46 48 95.

En résumé

Un doute sur votre bâtiment ? Faites-le vérifier

Seuil, échéance, déclencheur de remplacement, classe de GTB : quatre variables qui décident de votre obligation. Un relevé sur site tranche en une visite ce qu'aucun guide ne peut confirmer à distance.

70 kWle seuil qui déclenche l'obligation
2030échéance pour 70 à 290 kW
1 seulinterlocuteur pour tout coordonner

Sources

Questions fréquentes

Le décret BACS est-il obligatoire ou seulement conseillé ?

Il est bien obligatoire pour les bâtiments tertiaires concernés, inscrit aux articles R175-1 à R175-9 du Code de la construction et de l'habitation. Une seule porte de sortie existe : une étude prouvant que le retour sur investissement de la GTB dépasse dix ans, aides publiques déduites. Sans cette étude, la mise en conformité s'impose. Le texte ne fixe pas encore de sanction propre, mais celles du décret tertiaire peuvent s'appliquer.

Comment calculer la puissance de mon installation ?

Vous additionnez la puissance nominale utile de vos équipements par système : tous les générateurs de chauffage entre eux, tous les équipements de climatisation entre eux. Le seuil est franchi dès que l'un des deux dépasse 70 kW. Deux chaudières de 160 kW, par exemple, placent le bâtiment au-delà de 290 kW. Cette valeur figure sur les plaques signalétiques ou les fiches techniques des appareils.

Le décret BACS concerne-t-il le propriétaire ou le locataire ?

L'obligation pèse sur le propriétaire des systèmes de chauffage et de climatisation. Dans un local loué, tout dépend donc de qui possède ces équipements : selon le bail, ce peut être le bailleur ou le preneur. Mieux vaut vérifier ce point dans les documents locatifs avant d'engager des travaux, pour éviter un désaccord sur la prise en charge de la GTB.

Un bâtiment industriel est-il soumis au décret BACS ?

Le process industriel pur n'est pas visé, mais les surfaces tertiaires d'un site industriel le sont : bureaux, salle de formation, espace de restauration, locaux administratifs. Dès que le chauffage ou la climatisation de ces zones dépasse 70 kW, l'obligation s'applique. Sur un bâtiment mixte, seule la puissance affectée à la partie tertiaire est prise en compte pour l'assujettissement.

Quel est le lien entre décret BACS et décret tertiaire ?

Ce sont deux textes distincts mais complémentaires. Le décret tertiaire fixe des objectifs chiffrés de réduction de consommation pour les bâtiments de plus de 1 000 m². Le décret BACS, lui, impose l'outil qui aide à les atteindre : un système capable de piloter et de suivre automatiquement les consommations. Respecter le BACS facilite concrètement l'atteinte des objectifs tertiaires.

Combien coûte une GTB et existe-t-il des aides ?

Le coût dépend de la taille du bâtiment, du nombre d'équipements à relier et de la classe de performance visée. La bonne nouvelle : les certificats d'économies d'énergie financent une part importante des travaux via la fiche BAT-TH-116, à condition de viser une GTB de classe A ou B. Un diagnostic sur site reste le seul moyen d'obtenir un budget fiable adapté à votre installation.

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